à la casserole ou non, mais combien d’oeufs
on pond d’ici là, parce que ça signifie
qu’on a eu une vie.
1993 : trois femmes, la grand-mère, sa fille
et sa petite-fille retrouvent ce qui fut autrefois leur
maison de famille ; achetée en 1934 à un couple juif
contraint à la fuite, elles l'avaient à leur tour
abandonnée pour passer à l'Ouest après la partition
de l'Allemagne. La réunification et les lois de restitution
leur ont rendu ce bien. Tout semble donc
rentrer dans l'ordre. Mais c'est compter sans
les cauchemars, les envies de fuir, la présence
de fantômes, morts ou vifs, qui hantent le lieu.
Alors commence un combat
de mémoires et de droits.
De 1934 à 1993, la Pierre revisite soixante ans de l'histoire d'un pays et d'un peuple, à travers celle, à la fois simple, très concrète et pourtant fortement allégorique, des pérégrinations et de l'attachement d'une famille, des femmes surtout, à LEUR maison. Mais la Pierre n'est pas une pièce historique. C'est d'abord une oeuvre sur la mémoire – celle des peuples et celle des individus – la façon dont elle fonctionne, efface, retrouve, trie, recompose, sans chronologie. Mayenburg est citoyen d'un pays qui a été divisé : des gens partageant la même histoire, la même langue, la même culture sont devenus deux peuples. Une fois la réunification effectuée, beaucoup ont vécu l'expérience d'être chez eux des revenants et des émigrés…
Montée pour la première fois en France, la Pierre est l’occasion de découvrir un écrivain, Marius von Mayenburg, dont les oeuvres sont jouées dans toute l'Europe et au-delà. Né à Munich en 1972, il collabore depuis 1998 avec Thomas Ostermeier et travaille avec lui à la célèbre Schaubühne de Berlin comme auteur, dramaturge et traducteur. Il a obtenu le prix Kleist d'encouragement aux jeunes auteurs dramatiques en 1997 et le prix de la fondation des auteurs de Francfort en 1998 pour sa pièce Feuergesicht (Visage de feu).



