continuelle et j’en jouis comme
une cigale… c’est pour moi
toujours un plaisir que quelqu’un
soit présent lorsque je travaille»
écrit Van Gogh. Artaud, en écho,
veut «un théâtre qui à chaque
représentation aura fait gagner
corporellement quelque chose
aussi bien à celui qui joue qu’à
celui qui vient voir jouer».
C’est sous l’égide de ces deux «voyants», Van Gogh et
Artaud, que l’acteur, qui s’est fait la tête du peintre roux,
transforme en accessoires les motifs d’un musée
imaginaire. Sur le plateau nu, la chaise semble bancale,
rafistolée, le vase est ébréché, les fleurs auront le cou
tranché, la valise est fatiguée d’avoir trop voyagé et
le baluchon renferme le bougeoir qui nous rappelle
l’absence... Quant au spectateur, il lui est proposé d’être
pour une heure vingt Théo, le frère, l’indispensable,
le financier, l’interlocuteur privilégié, le complice.

