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Funérailles d’hiver

Affiche spectacle : Funérailles d’hiver
texte Hanokh Levin, Éditions Théâtrales
texte français Laurence Sendrowicz
création de la Compagnie Drôle de Bizarre
mise en scène et adaptation Maëlle Poésy
Ecole du TNS , STRASBOURG


Théâtre Mansart - du vendredi 27 au dimanche 29 mai
ven 27 à 19h, sam 28 à 14h30 et dim 29 à 17h
durée 1h40
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Le mariage ou la vie

Issue du Théâtre national de Strasbourg, la compagnie Drôle de Bizarre met en scène Funérailles d’hiver d’Hanokh Levin. Dans cette farce burlesque, les vivants refusent d’affronter la mort et enclenchent par leur fuite une dissolution du réel dans le fantastique. Une pièce grinçante, terriblement « drôle » et « bizarre »...


Du réel au fantastique

Deux familles se réunissent pour célébrer le mariage de leurs enfants. Durant la nuit qui précède cette union, le cousin Latshek Bobitshek tente de les réveiller pour leur annoncer la mort de sa mère. Mais cette nouvelle compromettrait la cérémonie et la famille Bobitshek a trop investi dans ce mariage pour l’ajourner. Père, mère, futurs époux et beaux-parents se lancent alors dans une fuite éperdue, prêts à tout pour éviter d’apprendre la nouvelle. D’une situation initiale réaliste, Funérailles d’hiver glisse lentement vers le fan tastique, révélant dans une farce au vitriol l’égoïsme d’une société petite-bourgeoise dominée par les intérêts personnels.


Affaires de désirs

Le désir de monter Funérailles d’hiver est né de la rencontre avec un auteur, Hanokh Levin, dont la vision acerbe du monde et de son pays, Israël, sert à merveille une critique pleine d’humour et d’ironie de nos sociétés contemporaines. Cette pièce porte en elle une multitude de thèmes qui me touchent et que je souhaite interroger sur le plateau : la question de l’identité, la confrontation entre les générations, la force du groupe, l’exclusion, le matérialisme comme but existentiel, la cruauté humaine, la quête du sens de l’existence… Dans Funérailles d’hiver, un homme court après sa vie pour enterrer la Mort. Deux familles courent pour fuir cette mort et réaliser leur rêve : marier leurs enfants, construire un avenir. Une course effrénée, vaine mais essentielle qui donne l’illusion d’accéder à l’immortalité en réalisant ses rêves. Latshek Bobitshek se retrouve seul face à la disparition de sa mère, face à l’impossibilité de construire un avenir s’il n’enterre pas le passé. La pièce pose la question de la place que nous donnons à notre héritage dans la construction de notre personnalité, du visage que l’on se doit d’offrir pour être accepté par la collectivité, des différents masques que nous essayons pour nous trouver nous-mêmes. A travers le prisme de cette famille, Levin dresse le portrait d’une société individualiste et matérialiste, en proie à un repli sur soi, dans le but de sauvegarder un semblant de bonheur, tout en explorant la confrontation entre les  générations, entre Orient et Occident, entre matériel et spirituel. Ces différentes formes d’oppositions donnent lieu à un questionnement sur l’identité des personnages. Comment se construit-on en tant qu’individu ? Comment se positionne-t-on face à notre héritage, notre futur ? Quelle place a-t-on dans le monde ?
Quel est le sens de notre passage sur Terre ?

Maëlle Poésy

 

Convoquer l'imaginaire

La scénographie a été pensée comme « une boîte à jouer », pleine de surprises et de possibles. Elle rappelle à la fois le castelet de marionnettes et le théâtre de tréteaux. C’est un lieu unique où les murs et le sol se confondent, l’espace se renouvelle constamment en fonction des variations du jeu des acteurs, du son et de la lumière. Ce dispositif fait sans cesse appel à la force de l’imaginaire des comédiens et des spectateurs. Il révèle à la fois l’humour féroce et l’importante charge poétique de la pièce, l’une des plus sensibles du répertoire d’Hanokh Levin.

Maëlle Poésy

texte Hanokh Levin
Éditions Théâtrales
texte français Laurence Sendrowicz
création de la Compagnie Drôle de Bizarre
mise en scène et adaptation Maëlle Poésy

 

avec Jonas Marmy, David Casada, Valentine Alaqui, Nathalie Bourg, Frédéric Baron, Samuel Favart-Mikcha

scénographie Alban Ho Van, costumes Raffaëlle Bloch, lumière Tatiana Elkine, création sonore Samuel Favart-Mikcha, régie plateau, régie générale Florent Jacob, conception réalisation marionnettes Loïc Nébreda, conception musicale Samuel Favart Mikcha et Jonas Marmy

avec la participation du Jeune Théâtre National et le soutien du Conseil municipal de Strasbourg et du Théâtre National de Strasbourg

Le texte de la pièce est publié aux Éditions Théâtrales dans le volume Théâtre choisi IV, comédies grinçantes

 

Hanokh Levin (1943 - 1999)

Hanokh Levin est un important et prolifique auteur dramatique israélien. Il est né à Tel Aviv en 1943. À partir des années 70, il est l’auteur attitré du Théâtre Camari. Ses mises en scène ont marqué la vie théâtrale israélienne. Il continue d’y être monté régulièrement. Grâce au travail de traduction de Laurence Sendrowicz, le théâtre de Levin fut découvert en France dans les années 2000. L’écriture acerbe, rapide et quotidienne de Levin questionne l’individu dans sa quête du bonheur et ses angoisses profondes, mais aussi avec beaucoup d’humour, l’individualisme et le matérialisme de notre société contemporaine.

 

Maëlle Poésy

Après un baccalauréat littéraire, Maëlle Poésy suit parallèlement à des études d’Art dramatique au sein du Conservatoire du 6e arrondissement de Paris, un master d’arts du spectacle à la Sorbonne. Dans le cadre de son sujet de master, elle suit les créations de James Thierrée Au revoir parapluie et Myth de Sidi Larbi Cherkaoui. Elle obtient son master avec la mention bien en 2007. Durant ses années d’études, elle tourne dans plusieurs téléfilms et films avec les réalisateurs Marc Rivière, Edwin Baily, Philippe Claudel. Elle est admise à La London Academy of Drama and Music (LAMDA) et à l’École supérieure d’art dramatique du Théâtre National de Strasbourg en 2007. Elle intègre l’école du TNS en art dramatique et travaille dans le cadre des ateliers de mise en scène de deuxième année sur le texte Funérailles d’hiver avec une partie de la promotion du groupe 38 (acteurs, scénographes, régisseurs). Au sein du TNS, elle joue dans les spectacles de Stéphane Braunschweig, Julie Brochen, Alain Ollivier, Gildas Milin, Pierre-Alain Chapuis, Annie Mercier, Joël Jouanneau et le collectif bulgare Sfumato.

Théâtre Mansart

vendredi 27 à 19h,

samedi 28 à 14h30

et dimanche 29 à 17h