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Le Conte d’hiver

Affiche spectacle : Le Conte d’hiver
d’après William Shakespeare
traduction Bernard-Marie Koltès
création collective dirigée par Pauline Ringeade assistée de Catherine Umbdenstock
Ecole du TNS, STRASBOURG


Théâtre Mansart - du vendredi 20 au dimanche 22 mai
ven 20 à 19h, sam 21 à 17h30 et dim 22 à 14h30
durée 2h35
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Puisque ma vie est à la merci de vos cauchemars, j’y renonce.
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Le Conte d’hiver, extrait


Léontes, roi de Sicile, dans un élan aussi soudain que tyrannique, accuse sa femme Hermione, enceinte de neuf mois, de l’avoir trompé avec le roi de Bohême, Polixènes, son ami d’enfance. Mamilius, le fils de Léontes a entendu son propre père douter de sa paternité, insulter sa femme et l’accuser d’adultère, puis commanditer l’assassinat de son meilleur ami… Le seul recours qu’a cet enfant dans cette terrible histoire, c’est de nous faire entrer dans ce qu’il appelle « un conte triste pour l’hiver » dont il serait le dramaturge. Guidés par l’imaginaire de cet enfant, nous traversons les trois parties de la pièce, la tragédie, la comédie et le conte.

Adapté par Koltès, le texte de Shakespeare est ici raconté à travers le prisme des codes de la mafia sicilienne. Le spectacle a été créé dans le cadre d’un atelier-sortie d’école du Groupe 38 de l’école du TNS. Il a donné naissance à un collectif artistique rassemblant plusieurs disciplines, l’iMaGiNaRiuM.


Trois questions à Pauline Ringeade, metteur en scène

Pourquoi avoir choisi le Conte d’Hiver ?

Pauline Ringeade : Initialement, c’est l’adaptation que Koltès a faite de la pièce qui m’a intéressée. Après, il y avait une forme de continuité entre ce projet et ma précédente mise en scène, Hedda Gabler d’Henrik Ibsen. Car quoique les deux textes soient totalement différents, les  personnages sont traversés de questionnements sur le monde dans lequel ils vivent, sur la nécessité et la difficulté à accorder leur confiance. Les deux pièces abordent la dimension imaginaire et la part de fantasme que chacun porte en lui-même. Le fait que chacun de nous réinvente, interprète le monde avec sa sensibilité et que notre imaginaire participe de la construction de notre rapport au monde sont des sujets qui m’intéressent.

Qu’est-ce qui vous touche dans l’adaptation de Koltès ?
P.R. : On dit souvent que la première version d’une pièce qu’on lit est celle « qui reste »... Après, il s’agit ici d’une parole très concrète, une matière à jouer contemporaine que les acteurs peuvent facilement incarner. Cette traduction est une vraie adaptation, car si Koltès respecte la structure, il fait des choix esthétiques sur la façon dont s’expriment les personnages. Il traite de rapports de pouvoir extrêmement violents et sa langue directe, franche, me semble plus compréhensible qu’une
traduction plus littéraire et poétique pour saisir la brutalité de la pièce.

Avez-vous réalisé un travail d’adaptation à partir du texte ?
P.R. : Il existe un débat autour de la pièce et portant sur le conte : soit nous rentrons dans le conte de Mamilius, soit il ne parvient jamais à le raconter... Après avoir travaillé à la table avec les comédiens, le choix le plus riche théâtralement nous a paru être le premier. L’entrée dans le conte a donc été l’axe de la dramaturgie du spectacle, amenant des décisions esthétiques, d’accessoires, de distribution. Tout un vocabulaire de narration, de fiction, s’est ainsi élaboré au fil de la pièce.

Propos recueillis par Caroline Châtelet

d’après William Shakespeare
traduction Bernard-Marie Koltès
création collective dirigée par Pauline Ringeade assistée de Catherine Umbdenstock

 

avec Nathalie Bourg, Chloé Catrin, Clément Clavel, Romain Crivellari, Tatiana Elkine,
Jonas Marmy, Lucas Partensky, Stella Cohen Hadria, Claire Rappin

 

scénographie Raffaëlle Bloch, costumes Claire Schirck, lumière Tatiana Elkine, son Romain Crivellari, régie générale, régie plateau Camille Faure, musique Romain Crivellari, Jonas Marmy et Nathalie Bourg, masques Julie Stoehr

 

avec l’aide du Jeune Théâtre National, du Théâtre National de Strasbourg et de l'Opéra National du Rhin

 

William Shakespeare (1564 - 1616)

Auteur le plus célèbre et le plus joué au monde, on a sur lui peu de données biographiques. Installé à Londres vers 1588, après des années de pérégrinations dont on ne sait presque rien, il gagne très vite l’estime de la jeune reine Elisabeth Ière. Il commence sa carrière en reprenant des pièces à sujet historique qui composent son cycle sur l’histoire de l’Angleterre. Il écrit une série de pièces inspirées de l’Antiquité (Titus Andronicus, Jules César, Coriolan, Timon d'Athènes) puis des tragédies (Roméo et Juliette, Hamlet, Othello, le Roi Lear, Macbeth) et des comédies et féeries (Beaucoup de bruit pour rien, Mesure pour Mesure, le Songe d'une nuit d'été, la Tempête). Des trente-sept pièces qui lui sont attribuées, seize seulement furent publiées de son vivant.

 

Pauline Ringeade

Formée à l’Ecole du Théâtre National de Strasbourg. En 2008, elle est stagiaire sur Tartuffe de Molière, mise en scène de Stéphane Braunschweig et participe à la « Summer Academy » 2008 de l’Union des Théâtres de l’Europe, dirigée par Stéphane Braunschweig à La Fenice à Venise, sur William Shakespeare. En 2009, elle assiste Gildas Milin à l’école, puis Julie Brochen au TNS sur la Cagnotte de Eugène Labiche, ainsi que Rodolphe Dana et le Collectif Les Possédés sur Merlin ou la Terre Dévastée de Tankred Dorst (La Ferme du Buisson, Théâtre de la Colline). En troisième année, elle est assistante de Margarita Mladenova et Ivan Dobtchev (de la compagnie bulgare Sfumato), et joue dans un spectacle de Joël Jouanneau. Dans le cadre des projets d’élèves, elle met en scène Hedda Gabler de Henrik Ibsen et le Conte d’hiver. En 2010, elle fonde L’iMaGiNariuM Collectif à Strasbourg. En 2011, elle assiste Bernard Bloch sur le Chercheur de traces d’après Imre Kertész (création au CDN de Dijon).

 

L’iMaGiNariuM Collectif (2010)

Créé en 2010, L’iMaGiNariuM est un collectif artistique en cours d’invention regroupant de jeunes gens qui se sont rencontrés au gré de leurs formations ou de projets avec d’autres compagnies. Un collectif artistique, un collectif politique. « Travailler ensemble, construire une recherche à plusieurs où chaque individu se réalise, pouvoir être à l’initiative d’un projet en se sentant porté par un groupe qui met son énergie au service des projets initiés par l’un ou l’autre » sont les principes fondamentaux autours desquels les membres fondateurs, Géraldine Foucault, Stella Cohen Hadria, Marie Augustin, Aude Bretagne, Pauline Ringeade, Benoît Bretagne, Claire Rappin et Paola Gilles, se sont réunis. Le Conte d'hiver est la première création d’iMaGiNariuM qui travaille également à la création d’un comité artistique, regroupant des artistes de « spécialités » différentes : acteurs, metteurs en scène, photographes, créateurs sons, auteurs, costumiers, cadreurs... qui inventeront les projets futurs.

Théâtre Mansart

vendredi 20 à 19h,

samedi 21 à 17h30

et dimanche 22 à 14h30

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Vu d'ailleurs

Comment rendre compte de la richesse du théâtre en une pièce ? Tel est le pari réussi haut la main par Bernard-Marie Koltès à travers la réécriture du Conte d’Hiver de Shakespeare. C’est comme si sa simple écriture permettait de voyager avec les personnages, d’autant que les sujets abordés sont toujours d’actualité et universellement valables : la jalousie dans la relation amoureuse, la  puissance tyrannique de certains hommes de pouvoir et l’amitié. Quelque chose de bon se dégage de cette pièce, tenant sans doute à la morale finale qu’elle offre au lecteur. En effet, l’injustice est effacée, les morts reviennent à la vie dans une utopie plaisante. Le découpage de la pièce enrichit encore le florilège d’émotions puisque les unités de lieu et de temps sont bouleversées, transportant le lecteur de la Sicile à la Bohême. Une plongée dans l’univers énigmatique de Shakespeare adapté par Koltès qui apaise, nourrit et fortifie l’imagination !

Sabine Chaillas, élève de terminale scientifique au lycée Montchapet.