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The Wooster Group's Version of Tennessee Williams' Vieux Carré

Affiche spectacle : The Wooster Group's Version  of Tennessee Williams' Vieux Carré
de Tennesse Williams
mise en scène Elizabeth LeCompte
(USA)

Parvis Saint-Jean - du mercredi 18 au samedi 21 mai
mer 18 à 20h, jeu 19 à 20h, ven 20 à 19h et sam 21 à 14h30
durée 2h
spectacle en anglais surtitré en français

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Cette maison… était habitée autrefois. Pour moi, elle l’est toujours, mais ses occupants sont indistincts, des sortes de fantômes.

 

La réalité de la fiction

Avant d’être une pièce, Vieux Carré est un quartier de La Nouvelle-Orléans aux États-Unis. C’est là que Tennessee Williams a passé une partie de sa jeunesse dans les années 1930. C’est là, aussi, que le célèbre auteur américain a connu un éveil artistique et sexuel, découvrant son homosexualité parallèlement à l’écriture de ses premiers textes. Vieux Carré, la pièce, nous plonge donc en partie dans la mémoire de l’auteur devenu protagoniste et narrateur. Dans celle-ci, un jeune écrivain tente de faire carrière dans le monde littéraire. Installé dans une pension sordide, il découvre un univers étrange, peuplé de personnages excessifs : un peintre gay atteint de tuberculose, une femme de la société new-yorkaise souffrant de sa solitude, deux vieilles aristocrates déchues, ou encore un photographe libertin. Il lui faut rencontrer un vagabond pour parvenir à s’arracher à cette cour des Miracles et laisser ce petit monde à son triste sort...


Pièce de mémoire

La pièce est construite comme une « pièce de mémoire ». Elle est autobiographique, comme toujours chez Tennessee Williams, mais plus autobiographique à mon sens que la plupart de ses autres pièces. Elle est écrite à la première personne par un personnage qui correspond à l’auteur et
qui raconte alternativement ses souvenirs et ce qui se passe dans la pièce. (...) Quand je pense au contexte [d’écriture de la pièce dans les années 1970, ndlr], je vois de grands artistes, Andy Warhol, John Cage, Burroughs… qui élargissaient formidablement les frontières de l’art tout en assumant leurs identités sexuelles, alors que Tennes see se tenait presque à l’écart de ce monde. Quand il est arrivé à New York, il s’est retrouvé dans le vieux monde du théâtre avec un T majuscule, celui du Broadway de la fin des années 1940 et des années 1950. Quand ce nouveau monde gay présent dans les arts plastiques, le cinéma et le théâtre a émergé dans les années 1960, il s’y est plongé socialement, tout en continuant à écrire selon les formes anciennes. Il a eu une dépression à la fin des années 1960 et, lorsqu’il a recommencé à écrire, il me semble qu’il n’a pas été capable de réconcilier ce nouveau milieu artistique et social avec ses muses du passé. Il
s’est mis à vivre une vie sur laquelle il n’écrivait pas vraiment. Je me demande souvent ce qui se serait passé si Tennessee Williams n’avait pas connu cette coupure en lui. Vieux Carré, qui semble comme expurgé, évoque soudain son homosexualité. Paradoxalement, cette pièce plus proche de sa vie est très terne, comparée aux excès de ses autres pièces qui regorgent de drames, de morts, de castrations... Il n’arrivait probablement pas à exprimer ce qu’il vivait. Et c’est ce qui m’intéresse, cette contradiction en lui avec sa vie à l’époque à New York.

Elizabeth LeCompte,
extrait d’un entretien réalisé et traduit par Denise Luccioni, avril 2009
de Tennessee Williams
mise en scène Elizabeth LeCompte

 

avec Ari Fliakos, Daniel Jackson, Alan Boyd Kleiman, Daniel Pettrow, Kaneza Schaal, Andrew Schneider, Scott Shepherd, Kate Valk

 

lumière Jennifer Tipton, son Matt Schloss, Omar Zubair, habilleur Enver Chakartash, vidéo Andrew Schneider, directeur de production Bozkurt Karasu, régie générale Teresa Hartmann, directeur technique , vidéo additionelle Aron Deyo, chef électricien Kent Barrett, Tiffany Williams, assistant technique Daniel Jackson, assistant son Bobby McElver, consultant Casey Spooner, cinématurge Dennis Dermody, manager Edward McKeaney et Jamie Poskin, archiviste Clay Hapaz, projets avec les médias Geoff Abbas, manager art et éducation Kaneza Schaal, administrateur Jason Gray Platt, consultant en stratégie Joel Bassin, blog vidéo Zbigniew Bzymek assisté de Jean Coleman, productrice Cynthia Hedstrom

 

coproduction Théâtre National de Strasbourg, Les Spectacles vivants-Centre Pompidou,
Festival d’Automne à Paris
Vieux Carré est présenté grâce au concours de Samuel French, Inc. pour l’University of the South, Sewanee, Tennessee
remerciement à Ellen Mills, Rob Reese, Raimonda Skeryte, Ben Williams, Judson Williams

 

Tenessee Williams (1914 - 1983)

Tenessee Williams est né le 6 mars 1914 à Columbus, une petite ville du Mississipi. Son enfance est marquée par la maladie, une mère autoritaire, un père froid, un frère distant et une sœur émotionnellement instable. Le dramaturge a su tourner ses démons, ses chagrins et ses délires en des œuvres extraordinaires de réalisme poétique – qu’elles rappellent son enfance, comme La Ménagerie de verre (1975), ou qu’elles inventent des personnages pathétiques, comme Un tramway nommé désir, qui lui vaut le prix Pulitzer en 1947. Les pièces de Tennessee Williams fourmillent de thèmes polémiques : homosexualité, maladie mentale, toxicomanie, cannibalisme, mais elles abondent aussi en dialogues éclatants et en moments d’éblouissante clairvoyance, d’humour et d’observation lumineuse. Plusieurs de ses pièces majeures ont traversé l’épreuve du temps : Doux oiseau de jeunesse (1959), la Chatte sur un toit brûlant (1955), La Nuit de l’iguane (1961), la Rose tatouée (1951). Certaines de ses pièces tardives firent l’objet de critiques méprisantes, telles The Red Devil Battery Sign (1988), Vieux Carré (1979), A Lovely Sunday for Creve Cœur (1980) ou Clothes for a Summer Hotel (1983), mais en chacune d’elles on découvre des moments d’incroyable poésie, des instants sublimes de tendresse et de souffrance.

 

The Wooster Group (1975)

Le travail du Wooster Group n’est pas clairement identifiable selon les critères du théâtre traditionnel. Son action s’étend sur de multiples territoires, à travers les arts audiovisuels, multimédias, théâtraux et ceux de la performance. Il a été un acteur des expériences radicales, post-modernistes, du dernier quart du vingtième siècle, et continue depuis d’être un pionnier dans le travail expérimental de la scène et des médias (cinéma, vidéo, son, radio). Dans les productions du Wooster Group, les textes (contemporains, classiques ou improvisés) et la technologie sont entrelacés pour inventer de nouvelles formes narratives. Sous la direction d’Elisabeth LeCompte et en collaboration avec un groupe d’artistes, performers et techniciens, la compagnie a créé plus de trente projets, comprenant notamment Rumstick Road (1977), L.S.D. (...Just the High Points...) (1984), Brace up (1991), House/Lights (1999), To You, The Birdie ! (Phèdre) (2002), Hamlet (2007) et la Didone (2008). Le groupe a tourné aux États- Unis, en Europe, en Russie, au Canada, en Amérique du Sud, au Moyen- Orient, en Asie et en Australie.

Parvis Saint-Jean

mercredi 18 à 20h,

jeudi 19 à 20h,

vendredi 20 à 19h

et samedi 21 à 14h30

Rencontres

Apéro américain

pour aller plus loin autour du spectacle, avec les artistes.
vendredi 20 mai de 11h30 à 13h - Musée archéologique