Atmosphère lourde et moite, langueur féminine savamment calculée,
immobilisme hiératique : Bouchra Ouizguen joue la carte de l'efficacité
dès les premières secondes. Ce pourrait être un hammam,
ou encore un sérail dans lequel le spectateur,
par mégarde, aurait été invité à pénétrer.
Mathieu Laviolette-Slanka, Evene
Les portes de Madame Plaza, le plus vieux cabaret de Marakech, se sont fermées.
Quatre femmes sont échouées là, dans une lumière grise. Elles chantent des histoires
du passé, de vie, d’amour, de séparation… Puissance du chant, séduction des voix,
lente densité des corps féminins en mouvement, roulant et tournant avec lenteur,
ces « performeuses » qu’on appelle au Maroc des « Aïtas » font vivre une tradition
vivante et populaire qui ne cesse de se recréer, de se conjuguer aux mots du présent.
Danseuse et chorégraphe, Bouchra Ouizguen, signe sa première pièce de groupe
avec l’envie d’ouvrir « un espace de liberté d’expression, pour rire, faire des choses
sans se soucier de l’esthétique, de l’intelligence, de plaire ou de ne pas plaire…
Et puis c’est une chance de découvrir ce registre musical en voie de disparition.
Elles sont parmi les rares artistes qui maîtrisent ce répertoire. »


