Histoire du Théâtre Dijon Bourgogne

70 ans de décentralisation

 

C’est au lendemain de la seconde guerre mondiale que s’impose l’idée selon laquelle le théâtre est un service public qui doit pouvoir atteindre tous les foyers, « comme l’eau, le gaz et l’électricité ».

 

En 1947, avec la fondation des Centres Dramatiques Nationaux de Colmar et de Saint-Étienne, débute l’aventure de la décentralisation théâtrale, animée par l’idée que la province peut aussi inventer le théâtre, le créer et le faire partager. Le rôle du CDN est de produire des créations originales et de les rendre accessibles à tous les publics sur un territoire. Ainsi, le Centre Dramatique incarne ce que l’on nomme « la décentralisation », c’est-à-dire qu’il fait exister la création et la culture en dehors de la capitale. C’est d’ailleurs pour cela que les CDN sont dirigés par des artistes, afin qu’une ligne artistique forte et singulière soit donnée au projet du Théâtre. Aujourd’hui, il existe 38 Centres Dramatiques Nationaux en France. Ils se réunissent au sein d’une association nommée ACDN qui a été créée pour susciter du dialogue entre les différents artistes-directeurs et pour dynamiser l’action des Centres Dramatiques.

 

 Jacques Fornier (1926-2020)

 

Acteur, metteur en scène et pédagogue, pionnier de la décentralisation théâtrale, Jacques Fornier a joué un rôle majeur dans le développement du théâtre en Bourgogne-Franche-Comté. Passeur infatigable et témoin vigilant, il est resté membre du conseil d’administration du Théâtre Dijon Bourgogne jusqu’à ses derniers jours. Sa présence lumineuse a éclairé pendant plus de soixante ans la vie théâtrale de notre région. Depuis 2002, la seconde salle du TDB, rue d’Ahuy, porte son nom.

 

L’aventure théâtrale de Jacques Fornier démarre à Pernand-Vergelesses en 1955. Accompagné de deux comédiennes – Claire Ifrane et Juliette Brac – et d’un comédien – François Chaudat, Jacques Fornier est généreusement accueilli dans la maison de Jacques Copeau par Catherine Dasté, la petite-fille du fondateur du Vieux-Colombier, et par son compagnon, le chanteur Graeme Allwright. La jeune troupe, bientôt rejointe par le comédien Roland Bertin, devait y passer quelques semaines. Elle y restera plus d’un an et demi.

 

Le premier spectacle de la compagnie est une « Conférence Molière » dont la création a lieu à Pernand-Vergelesses le 3 décembre 1955. Cette forme extrêmement légère (« un rideau noir, un fauteuil, une chaise »), inspirée de l’héritage de Copeau et de Vilar, est essentiellement conçue pour être présentée dans les établissements scolaires de Côte-d’Or. Le Théâtre de Bourgogne est né. 

 

En 1957, Jacques Fornier et son équipe s’installent à Beaune. En 1959, le Théâtre de Bourgogne obtient le label de troupe permanente. Son activité ne cesse de se développer : au début des années soixante, la troupe propose plus de deux cents représentations par an et sa notoriété dépasse rapidement les frontières de la région.

 

À cette époque Jacques Fornier mène de front son activité de metteur en scène (il monte Molière, Marivaux, Beaumarchais, Shakespeare mais aussi Synge et Pinget), de comédien et de formateur, en donnant de nombreux stages. Il invite aussi de jeunes metteurs en scène à venir travailler avec la troupe du Théâtre de Bourgogne. Jorge Lavelli, notamment, qui monte en 1965 Yvonne, princesse de Bourgogne de Gombrowicz, ainsi que Jean-Pierre Vincent et Jean Jourdheuil qui montent en 1968 la Noce chez les petits-bourgeois de Brecht. Ces spectacles marquent durablement l’histoire du théâtre en France. 

 

En 1971, au moment où le Théâtre de Bourgogne obtient le label de Centre dramatique national, Jacques Fornier succède à Hubert Gignoux à la tête du Théâtre national de Strasbourg. De son propre aveu, il n’est pas heureux au TNS : la lourdeur de l’institution, l’absence de troupe permanente sont très éloignées de son idéal théâtral. Il décide donc de quitter Strasbourg au bout de deux ans, pour prendre du recul.

 

Dans les années 70, Jacques Fornier voyage beaucoup, notamment en Inde. Il y rencontre les disciples du penseur et poète Sri Aurobindo, inventeur d’une nouvelle approche du yoga. La spiritualité orientale va désormais jouer un rôle central dans la vie et dans la pratique artistique de Jacques Fornier. À partir de 1977, il s’intéresse aussi aux travaux du physicien et biologiste Moshe Feldenkrais et à sa méthode de « prise de conscience par le mouvement ».

 

En 1979, Jacques Fornier s’installe à Besançon et participe aux côtés de Jacques Vingler à la création et au développement du Centre de rencontres. Son activité va dès lors s’orienter principalement vers la pédagogie et la formation. Il accompagne notamment les premiers pas professionnels de Jean-Luc Lagarce et du Théâtre de la Roulotte au début des années 80.

 

Jacques Fornier n’a jamais quitté les planches : dans les années 2000, il continue à jouer comme comédien avec Jacques Nichet, Sylvain Marmorat, Ezéchiel Garcia-Romeu. En 2007, il participe à la Confrérie des Farceurs réunie au Théâtre Dijon Bourgogne par François Chattot et Jean-Louis Hourdin.

 

Spectateur infatigable et perpétuellement curieux, on le croisait souvent au Parvis Saint-Jean. Son regard lumineux d’éternel jeune homme mêlait toujours l’exigence et la générosité.

 

Le Théâtre Dijon Bourgogne est l’un de ces 38 Centres Dramatiques Nationaux en France

 

L’histoire du TDB débute en 1955, avec l’arrivée à Pernand-Vergelesses d’un jeune comédien et directeur de compagnie : Jacques Fornier. Ce point de départ n’est pas le fruit du hasard, c’est en effet à Pernand-Vergelesses, au milieu des années 20, que Jacques Copeau et ses « Copiaus » ont écrit la première page marquante de l’histoire de la décentralisation théâtrale...

Il est aujourd'hui subventionné par le ministère de la Culture et de la Communication, la Ville de Dijon et le Conseil Régional de Bourgogne-Franche-Comté.

 

  • 1955 : Fondation du Théâtre de Bourgogne par Jacques Fornier qui prend son essor à Pernand-Vergelesses. Avec sa troupe, Jacques Fornier sillonne les villages et villes de Bourgogne. Conférence Molière est le 1er spectacle présenté
  • 1957 : Installation du Théâtre de Bourgogne à Beaune, puis à Chalon-sur-Saône
  • 1959 : Réception du label de troupe permanente
  • 1972 : Statut de Centre Dramatique National
  • 1972-1978 : Le CDN est hébergé provisoirement à Vougeot au château de Gilly-lès-Cîteaux
  • 1974 : Le CDN présente dans le cadre de l’Estivade Dijon Le Roi Lear, 1er spectacle joué au Parvis Saint-Jean
  • 1980 : Sous la direction d’Alain Mergnat, le CDN s’installe officiellement au Parvis Saint-Jean
  • 1990 : Création du festival Théâtre en mai par François Le Pillouër
  • 1996 : Dominique Pitoiset devient directeur du Théâtre national Dijon Bourgogne. Le CDN de Bourgogne et Théâtre en mai fusionnent
  • 2000 : Robert Cantarella devient directeur du TDB
  • 2007 : François Chattot devient directeur du TDB
  • 2013 : Benoît Lambert arrive à la tête du TDB et s’entoure de comédiens et d’artistes associés
  • 2017 : Avec Jouer Partout - Temps fort dédié à la jeunesse, le TDB célèbre le 70e anniversaire de la décentralisation

 

 

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FONDS DES AFFICHES DU THÉÂTRE DIJON BOURGOGNE (1955-2007)


Le fonds d'affiches du Théâtre Dijon Bourgogne est conservé aux Archives municipales de la ville de Dijon.

L'instrument de recherche crée par le Service Documentation et Archives Scientifiques de la Maison des Sciences de l'Homme de Dijon propose une description des affiches de spectacles pour la période 1955-2007, soit 419 affiches.

L'objectif est de promouvoir une consultation libre et ouverte des ressources numériques culturelles, le Théâtre Dijon Bourgogne souhaitant numériser et mettre en ligne, à libre disposition du public, une partie de ses archives.

 

 

 

Financement du projet : Ministère de la culture et de la communication 2012 – DRAC Bourgogne et Théâtre Dijon Bourgogne
Réalisation : Laboratoire Georges Chevrier UMR CNRS 5605
Conseil juridique : Martine Barré-Pépin
Remerciements à la Ville de Dijon – Archives et au comité de pilotage PREAC Théâtre

 

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