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Gênes 01

Affiche spectacle : Gênes 01
texte Fausto Paravidino
un projet du collectif Si vous pouviez lécher mon cœur
mise en scène Julien Gosselin
EPSAD, LILLE


Atheneum - du vendredi 27 au dimanche 29 mai
ven 27 à 21h, sam 28 à 17h et dim 29 à 15h
durée 1h25

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La violence du réel

Fausto Paravidino est un cas à part dans le paysage théâtral : jeune auteur et metteur en scène italien, il figure parmi les rares de sa génération à bénéficier d’un si large intérêt. Adoubé par l’institution – il était à l’affiche de la Comédie-Française début 2011 –, il est également mis en scène par de jeunes équipes. Ainsi du collectif Si vous pouviez lécher mon coeur qui offre avec Gênes 01 un théâtre fondé sur l’urgence à raconter.

 

Choix de théâtre

Monter Gênes 01, presque dix ans après les faits, c’est choisir de se placer dans un interstice, jonction mobile et fragile entre ce qui semble déjà être devenu de l’Histoire et ce qui reste de l’ordre du présent. Entre une forme de «concrétude», d’analyse mais aussi d’abstraction liée à l’Histoire, et ce texte à vif, né de la brûlante proximité entre faits et acte d’écriture. Au centre : la représentation. Dix ans après les faits, les mots sont les mêmes, la rage est la même, mais l’Histoire est passée. Quel temps nous sépare de cette histoire ? Dans Gênes 01, on parle. On pose des questions. On s’adresse à tous. Urgemment. Ce qui, au fond, n’est pas nouveau. Il semblerait même que ce soit à l’origine du théâtre. En choisissant ce texte, nous bvoulons faire le choix de la parole. Celui de l’énergie, mais nous pourrions appeler cela fougue ou urgence, peu importe. Préférer à la sur-interprétation rageuse, une parole forte de l’acteur vers le public. Tenter de s’approcher au maximum du dire. Toucher du mieux que nous le pourrons le présent des mots de Paravidino, leur résonance de maintenant. En travaillant ensemble, nous voulons que ce moment de théâtre soit une fête. Une fête où l’on se dira sûrement que le monde va mal. Une fête durant laquelle on parlera d’un jeune  homme qui s’est fait buter en pleine rue, à Gênes, en 2001, pendant que les huit chefs d’État des plus grandes puissances mondiales posaient pour la photo. Mais ce ne sera pas une fête triste.

Julien Gosselin

 

A Gênes, en 2001, pendant le sommet du G8, Carlo Giuliani est abattu en pleine rue. Son assassin est un policier en service. Tous deux ont à peine plus de vingt ans. C’était il y a presque dix ans. J’avais alors quatorze ans. J’étais collégien. Un copain m’avait proposé d’aller manifester à Gênes. Ni lui ni moi n’y sommes finalement allés, nos parents respectifs ayant évidemment trouvé l’idée sinon incongrue, du moins dangereuse. Je ne me souviens pas avoir réentendu parler du G8 de Gênes pendant quelques années. Pas non plus de Carlo Giuliani. Étonnante lecture du texte de Paravidino que fut la mienne il y a trois ans. 2001, pour un jeune homme de vingt-deux ans, ce n’était pas hier. Loin de là.

Julien Gosselin, metteur en scène

texte Fausto Paravidino
un projet du collectif Si vous pouviez lécher mon cœur
mise en scène Julien Gosselin

 

avec Guillaume Bachelé, Antoine Ferron, Noémie Gantier, Alexandre Lecroc, Victoria Quesnel, Tiphaine Raffier

production anima motrix
avec le soutien du Ministère de la Culture et de la Communication (dispositif compagnonnage)
Ce spectacle a également reçu le soutien du Théâtre du Nord

 

Fausto Paravidino (1976)

Fausto Paravidino passe son enfance et son adolescence à Rocca Grimalda, village du Bas-Piémont. Il suit les cours d'art dramatique au Teatro Stabile de Gênes et surprend l'Italie par la précocité et l'étendue de son talent. Acteur sur les planches et à l'écran, metteur en scène, traducteur de Shakespeare et de Pinter, scénariste, il est aussi et avant tout auteur de pièces où il cherche chaque fois à expérimenter une nouvelle forme dramatique. En 1996, il écrit sa première pièce, Trinciapollo qu'il met en scène trois ans plus tard. Suivront Gabriele (en 1998, avec la collaboration de Giampiero Rappa), Due fratelli récompensé des Prix Tondelli 1999 et Ubu 2001, Tutta colpa di cupido (avec collaboration de Giampiero Rappa et Lello Arena), La malattia della famiglia M, couronné du Prix Candoni Arta Terme 2000 dans la catégorie œuvre commandée, Natura morta in un fosso (2001). La même année, sur une commande du Royal Court Theatre de Londres où il fut auteur en résidence, il écrit Genova 01, qui expose les tragiques incidents de Gênes survenus lors du sommet du G8 en août 2001. Viennent ensuite Noccioline (traduit en anglais sous le titre Peanuts) et Messaggi. Il écrit aussi pour le cinéma (Texas, 2005) et la télévision et signe pour la RAI quelques épisodes de Teatrogiornale, une comédie quotidienne se situant entre chronique et fiction.
Gênes 01 est publié aux éditions de L’Arche.

 

Julien Gosselin

Débutant en tant que comédien dans Class Enemy de Nigel Williams mis en scène par Pierre Foviau, il en devient ensuite l’assistant pour 4.48 psychose de Sarah Kane. Formé à l'École professionnelle supérieure d'art dramatique (Epsad) de Lille dirigée par Stuart Seide, Julien Gosselin a travaillé sous sa direction dans un atelier sur Mesure pour mesure de William Shakespeare (rôle du Duc présenté au Théâtre du Nord à Lille (2008). Il travaille une première fois en 2007 avec Laurent Hatat lors d'un atelier autour du texte de Gotthold Ephraim Lessing, Nathan le Sage, puis en 2008 pour les Avant-Scènes du Théâtre du Nord. En 2010, il est assistant à la mise en scène de Laurent Hatat sur son nouveau spectacle la Précaution inutile ou le Barbier de Séville de Beaumarchais, dans lequel il joue également.

 

Si vous pouviez lécher mon cœur (2009)

Fondé à Lille, le collectif est composé de Guillaume Bachelé, Antoine Ferron, Noémie Gantier, Julien Gosselin, Alexandre Lecroc, Victoria Quesnel, Tiphaine Raffier. Ces sept acteurs et actrices se sont rencontrés à l’ÉPSAD de Lille (École professionnelle supérieure d'art dramatique) où ils ont éprouvé le besoin de se réunir pour chercher ensemble un théâtre d’aujourd’hui, puissant, direct, essentiel, et ramener l’idée de nécessité sur la scène. Après Gênes 01, sa première création, le collectif travaille aujourd’hui sur Tristesse animal noir d’Anja Hilling, une nouvelle création, dans laquelle, une nouvelle fois, la parole, le langage et la place laissée à l’imaginaire et à l’intelligence du spectateur seront au cœur des préoccupations.

Atheneum

vendredi 27 à 21h,

samedi 28 à 17h

et dimanche 29 à 15h