Sur l'établi du théâtre
Deuxième projet emmené par Jean-Louis Hourdin et dédié à Bertolt Brecht, les Ateliers Brecht nous prouvent, s’il était besoin, que le dramaturge, metteur en scène, critique dramatique et poète allemand du XXe siècle n’a pas fini de donner du grain à moudre à notre monde contemporain... Lors de ces Ateliers, les élèves de la promotion 40 de l’École du Théâtre National de Strasbourg – soit en fin de première année –, proposeront une soirée autour de Jean la Chance et une deuxième intitulée Cabaret de la pensée. Comme l’explique Jean-Louis Hourdin, il s’agit de « construire deux veillées autour de la pensée de Brecht. Brecht est un grand poète allemand, pas uniquement théâtral, puisqu’il existe neuf volumes de ses poèmes, de ses histoires, de ses chansons. Donc il y a d’une part le désir de prendre tout ce qui n’est pas théâtral chez Brecht pour en faire un spectacle, ainsi que de proposer quelque chose autour de Jean la chance. Je trouve cette pièce magnifique, complètement enluminée et marquée par la littérature allemande. Brecht n’a que vingt, vingt-et-un ans lorsqu’il l’écrit, soit l’âge des élèves du TNS, et travailler ce texte fascinant avec eux m’intéresse. » Un projet en plusieurs temps et étapes, les répétitions débutant à Strasbourg, avant de se prolonger quelques jours à Pernand Vergelesses. Au coeur de ce village bourguignon se trouve une maison ayant appartenu à Jacques Copeau, grande figure de l’histoire de la décentralisation théâtrale. Pour Jean-Louis Hourdin, « amener les élèves dans la maison Copeau ne relève pas de la nostalgie, c’est les ouvrir à une page de l’histoire du théâtre français du vingtième siècle, dont Copeau fait partie et est l’un des initiateurs. » On saisit donc, encore une fois, l’importance que Jean-Louis Hourdin accorde à la transmission : « en tant qu’ancien élève du TNS, j’ai toujours gardé des contacts avec cette école. Le TNS a été une chose formidable pour moi et c’est là, vraiment, que je suis né à vingt ans. Depuis, je suis régulièrement intervenu en tant que professeur par l’intermédiaire des directeurs successifs qui m’ont sollicité
et il m’est important de maintenir ce lien. »
Caroline Châtelet
