Théâtre en Mai > Le festival 2011 > Spectacles et Rencontres

LIFE : RESET / Chronique d’une ville épuisée

Affiche spectacle : LIFE : RESET / Chronique d’une ville épuisée
texte et mise en scène Fabrice Murgia / Artara
(BELGIQUE)


Parvis Saint-Jean - du samedi 28 au dimanche 29 mai
sam 28 à 22h et dim 29 à 19h30
durée 55mn

 

Acheter un billet
  • Présentation
  • Générique
  • Dates / Lieux
  • Autour de

Les limites de la virtualité

Un appartement. Une femme. Avec pour seule présence du monde extérieur un ordinateur connecté à Second Life, elle réalise les menus gestes du quotidien, ceux qu’à force de répéter on oublie avoir exécuté. Mais jusqu’où les nouveaux médias nous relient-ils véritablement au monde ?


Histoire virtuelle

Fable sans paroles – mais avec texte –, Life : reset / Chronique d’une ville épuisée du jeune acteur et metteur en scène belge Fabrice Murgia raconte « l’histoire d’une jeune femme que l’on voit évoluer chez elle, se réveiller, se laver, manger, partir au travail, se distraire, mais toujours seule, bien qu’elle « socialise » sur Internet. C’est une solitude qui n’en est pas une, car elle évite le face-à-face avec elle-même par un recours systématique à la communication virtuelle, une solitude sans vie privée, sans liberté, où le corps est nié, où la présence à soi-même est gommée au profit d’une fantomatique et fragile présence virtuelle ». Chronique de la vie d’un « être piégé, enfermé au creux d’un système » et qui, un jour, ne peut continuer à fonctionner ainsi...


Rencontre avec Fabrice Murgia

Pourquoi ce nom Life : reset / Chronique d’une ville épuisée ?
F.M. : L’idée de ce spectacle m’est venue très simplement, lors d’un voyage en train. Passant devant ces séries de fenêtres allumées sur les façades des immeubles, j’imaginais qu’en dépit de leur proximité, derrière chacune d’elles se trouvait, peut-être, une solitude. Puis, la thématique d’Internet et la façon dont cet outil génère de nouvelles façons d’être seul sont apparues. Pour « Life » : vie, « reset » : annuler, l’association de ces deux mots évoque la possibilité de recommencer sa vie, tout en renvoyant au langage informatique. Life : reset porte la question du double, de l’avatar  et s’inspire en partie de Second Life. Ce jeu dans lequel les personnages mangent, dorment, travaillent, mais ce de façon totalement virtuelle, résonne avec le quotidien de cette femme.

La ville renverrait pour vousà la solitude ?
F.M. : J’ai cette idée que nous sommes peut-être dans une perte de rapport au corps. Chronique d’une ville épuisée m’évoque l’image d’une ville cybernétique prête à craquer, symbole d’une société dominée par le travail et la consommation effrénée. En cela, le personnage féminin est une métaphore de cette ville : elle est sur-connectée, plongée dans un rythme de travail débridé et elle court à sa perte. J’ai l’envie, plutôt que de raconter l’histoire d’une personne seule, de regarder le monde à travers une seule personne, de parler d’une somme d’individus.

Vous dites qu’il s’agit d’un «spectacle sur la fin des libertés». Pourquoi?
F.M. : C’est un spectacle sur la fin des corps. Les rapports aux corps, à nous-mêmes et au travail, ont profondément évolué. Sans vouloir spécifiquement traiter d’Internet, je veux évoquer plus largement la question de la fin de la vie privée. C’est paradoxal, car quoiqu’étant sans cesse sous le regard de caméras nous sommes de plus en plus seuls... Donc cette question de la fin des libertés est présente à différents niveaux dans le spectacle, que ce soit dans l’intimité ou collectivement...

En quoi cette thématique de la solitude est-elle importante pour vous ?
F.M. : Je suis touché par les troubles de la personnalité, les addictions et ces pathologies sont pour moi représentatives d’un malaise social. Là je souhaite que cette femme soit une métaphore du système, mais sans énoncer de thèse, que cela demeure très subjectif. Faire un spectacle où le spectateur puisse se raccrocher à sa propre histoire, sa propre solitude, qu’il se voit vivre à travers une personne dont on ne ne perçoit aucun sentiment m’intéresse particulièrement.

Ce spectacle est sans paroles. Cela relève-t-il d’une forme de défi ?
F.M. : Je suis beaucoup plus à l’aise sans texte préalablement écrit, ne le considérant pas comme le matériau dramaturgique principal. Produire un spectacle utilisant le son, l’image, la vidéo et les énergies des comédiens me permet d’aller vers des sujets qui me touchent et que je n’ai initialement pas intellectualisés. Cela m’aide à aller vers ce que je désire, en me renvoyant sans cesse à la question de ce que je veux véritablement exprimer.

propos recueillis par Caroline Châtelet




texte et mise en scène Fabrice Murgia / Artara

avec Olivia Carrère

assistanat Christelle Alexandre et Catherine Hance, environnement vidéo Arié van Egmond, cameraman Xavier Lucy, régie vidéo Giacinto Caponio, création lumière Fabrice Murgia, régie lumière Ludovic Desclin, scénographie Vincent Lemaire, décoration Anne Goldschmidt, Marc-Philippe Guérig et Anne Humblet, musique et régie son Yannick Franck, régisseur général Romain Gueudré, construction décor les Ateliers du Théâtre National, création costumes des avatars Sabrina Harri, chant Albane Carrère, figuration Christelle Alexandre et Romain Gueudré

coproduction Théâtre National - Bruxelles, Theater Antigone - Courtrai, Festival de Liège, Maison de la Culture de Tournai, CECN

Ce texte a bénéficié du soutien du Comité Mixte CWB / Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon / Promotion des Lettres du MCF

B_TNational

info@theatrenational.be

 

Fabrice Murgia (1983)

Formé au Conservatoire de Liège (ESACT - École supérieure d'acteurs) par Jacques Delcuvellerie, Fabrice Murgia travaille d’abord comme acteur pour le théâtre, le cinéma (Odette Toulemonde d’Éric-Emmanuel Schmitt, 2006), et la télévision. En 2005, il participe à la création du collectif Artara, un ensemble de performers, vidéastes, plasticiens et musiciens, soucieux de témoigner du monde avec le regard et le langage de leur génération. C’est avec ce collectif que Fabrice Murgia met en scène son premier texte de théâtre Le Chagrin des ogres au Festival de Liège (2009). La pièce sera ensuite jouée en Belgique, mais aussi au festival New Plays from Europe à Wiesbaden (Allemagne), à Paris dans le cadre du festival Impatience dédié aux compagnies émergentes, organisé par le Théâtre de l’Odéon, où elle reçoit le double prix du jury et du public puis au Festival d’Avignon (à la Manufacture/Patinoire de Saint-Chamand).
Depuis septembre 2010, il est artiste associé au Théâtre National de Bruxelles et signe deux mises en scène, Life : reset / Chronique d’une ville épuisée, sa deuxième pièce (novembre 2010) et Dieu est un DJ de Falk Richter (janvier 2011).

Parvis Saint-Jean

samedi 28 à 22h

et dimanche 29 à 19h30

Rencontres

Apéro belge

pour aller plus loin autour du spectacle, avec les artistes.
dimanche 29 de 11h30 à 13h - Parvis Saint-Jean