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Plus loin que les étoiles

Affiche spectacle : Plus loin que les étoiles
idée originale et mise en scène Marta Gil Polo
texte de Marta Gil Polo et Albert Tola
(ESPAGNE)


Théâtre des Feuillants - du mercredi 25 au jeudi 26 mai
mer 25 à 21h30 et jeu 26 à 21h30
durée 1h15
spectacle en catalan surtitré en français
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Mythe pop

Figure montante du théâtre espagnol, la metteur en scène Marta Gil Polo propose une variation sur Michael Jackson. Entre perversion et innocence, une histoire possible de l’ascension de ce Roi de la pop.


Du tragique au comique

Une nuit j'ai rêvé que Michael Jackson cessait d'être lui-même pour se transformer en un homme gros, uniquement vêtu de jeans blancs, les cheveux longs et châtain, attendant indifférent au-dessus d'une scène. En le voyant, je me disais : « Ce n'est plus Michael Jackson ». Michael Jackson n'existe plus. Le lendemain, un journal m'est tombé entre les mains, avec le titre : " le Roi de la Pop est mort ". J’étais abasourdie. À ce moment, pour moi, il a pris la dimension d’un mythe de notre temps, un mythe qui parle de nous, de la perte de notre innocence, de la perte de notre identité, de notre perversion, et par-dessus tout, de notre besoin de magie. Michael Jackson m'accompagne depuis mon enfance, quand mon corps se mettait à danser en entendant une de ses chansons. Je n'ai pas pu résister à la tentation de faire un spectacle sur lui.

Marta Gil Polo

 

Dépasser les étoiles

Tout le monde cherche la réponse à la question « qui était vraiment Michael Jackson ? » Tout le  monde cherche la vérité sur sa vie privée. A-t-il vraiment dormi avec des enfants ? A-t-il abusé d’eux ? Comment est-il mort ? Voulait-on vraiment le tuer ? Pourquoi ? Il existe tant de questions sur lui, il a touché tellement de personnes et a été haï par tant d’autres – voire, parfois, par les mêmes. D’un point de vue artistique et personnel, il a dépassé tout ce qu’il était possible d’attendre. Il est allé plus loin que les étoiles parce qu’il s’est préparé pour cela et c’est pour cette même raison que ce mythe est tellement dur à saisir : aussi parce qu’il est dans le même temps un miroir du moment historique que nous vivons. Cela m’intéresse de tenter de connaître son dernier souhait,  son but avant mourir.

Marta Gil Polo

idée originale et mise en scène Marta Gil Polo
texte de Marta Gil Polo et Albert Tola

 

avec Marc Garcia Coté, Rafa Delacroix, Marc Garcia Llopis, Pau Quero

 

décors Marta Gil Polo, costumes Isabel Franco, lumière Isabel Franco, son Abel Vernet, traduction Laurent Gallardo

 

Marta Gil Polo (1975)

Après une licence de mise en scène et de dramaturgie à l'Institut de théâtre de Barcelone et à l’Académie de théâtre de Hambourg, elle dirige des spectacles dans le théâtre public allemand, la scène alternative de Berlin et de Hambourg, en France et en Espagne. En 2010, elle gagne le deuxième prix du concours national des metteurs en scène à Torrejón de Ardoz, avec Eileen Shakespeare de Fabrice Melquiot. En 2008, elle est nommée au prix Rolf Mares de Hambourg comme meilleur metteur en scène pour Chance, une création d'Albert Tola et Jerzy Kosinsky. Elle a travaillé et étudié avec Georges Lavaudant, Ariel García Valdés, Anatoli Vassíliev, Albert Boadella, Xavier Albertí, Paco Zarzoso, Stephan Kimming et Michael Börgeding. Elle met en scène des textes contemporains, des textes classiques universels et crée des spectacles à partir des œuvres de Tchekhov (la Mouette, la Cerisaie). Toujours à la recherche de nouvelles formes, elle travaille aujourd’hui à un théâtre « psychanalytique ». Avec son équipe, elle a créé la compagnie Endurance.

 

Albert Tola

Auteur, professeur et traducteur diplômé de l'Institut de théâtre de Barcelone, Albert Tola a complété sa formation de dramaturge à  l'Université des Arts de Berlin et dans les séminaires de San Miniato en Toscane. En tant qu’auteur théâtral et dramaturge, il présente régulièrement dans de divers théâtres nationaux en Allemagne et en Suisse ses propres œuvres, adaptations et dramaturgies (Salento, le Dernier Secret de James Dean, Beaucoup de souvenirs pour Ivanov avec Pep Tosar, les Accidents du Petit Prince avec Miquel Ángel Raió, Chance à partir de Cherzy Kosinky, Eileen Shakespeare de Fabrice Melquiot…). Il a travaillé avec de nombreux metteurs en scène dont Carme Portaceli, Pep Tosar, Marta Gil Polo, Miquel Ángel Raió, Ricard Gázquez, Irene Mattioli, Ana Armero, Antonio Morcillo et Carles Fernández. Il présentera, l’année prochaine, Penthésilée de Heinrich von Kleist au Théâtre National de Catalogne.

Théâtre des Feuillants

mercredi 25 à 21h30

et jeudi 26 à 21h30

Rencontres

Apéro catalan

pour aller plus loin autour du spectacle, avec les artistes.
jeudi 26 mai de 11h30 à 13h - Parvis Saint-Jean

 

Articles et dossiers

Vu d'ailleurs

Mettre en scène l’envers du décor, retourner une vie dès le rideau levé, aborder comme un rivage  de terres dévastées la vie d’un homme dont la vie funambule tituba du génie de l’artiste à la folie de l’homme. Ailes blanches d’un ange qu’il ne fut pas, démenti funeste d’une chemise marquée du sang versé dans les arènes, le sien peut-être, assurément celui des autres. L’ici et l’au-delà, le visible et le secret dans la dramaturgie masquée d’un thriller en spirale descendante, questionnement de fond mis en scène par Marta Gil Polo, permanent dans l’histoire de l’art : comment dissocier moralement le travail de l’artiste ? Figure christique où la rédemption s’achète au prix du meurtre, étranges sosies dans une tentative de métamorphose : faut-il pour cela vivre dans le déni de ce que fut l’artiste en son monde ? Comment trouver du beau dans l’oeuvre d’un génie du mal, fut-il adulé des foules et solitaire dans sa déchéance ? Être spectateur, n’est-ce pas revêtir la robe de l’avocat en charge de comprendre l’oeuvre sans excuser cependant l’homme ? Endosser l’habit du procureur dans une impossible quadrature du cercle, celui qui trouve sa fin dans le retour aux origines ? Une pièce espagnole pour une guitare électrique : le flamenco, fort de son humble volonté et de ses cordes classiques, s’est éloigné dans une humanité forgée dans la rudesse et la confrontation aux éléments, loin du refus du réel, de la fuite et du refuge dans l’imaginaire. On ne devient pas homme en retournant à l’enfance, on le devient en se cognant au monde.

Olivier Mouchiquel, directeur de la communication de la FNAC de Dijon