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Le Combat de Tancrède et Clorinde / Le Bal des ingrates

Affiche spectacle : Le Combat de Tancrède et Clorinde / Le Bal des ingrates
de Claudio Monteverdi
mise en scène Gintaras Varnas
(LITUANIE)


Parvis Saint-Jean - du mardi 24 au jeudi 26 mai
mar 24 à 20h30, mer 25 à 19h et jeu 26 à 19h
durée 1h25 avec entracte
spectacle en italien surtitré en français
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Marionnettes baroques

Deux madrigaux, un castelet, des marionnettes aux tailles disproportionnées, des chanteurs, un orchestre baroque... Un équipage atypique pour une mise en scène non moins étonnante du Combat de Tancrède et Clorinde et du Bal des ingrates de Monteverdi.


Du tragique au comique

Représenté pour la première fois en 1624, Le Combat de Tancrède et Clorinde s’inspire d’un poème épique de l’auteur italien de la seconde moitié du XVIe siècle Le Tasse. Le chrétien Tancrède tombe amoureux de la jeune musulmane Clorinde. La guerre arrive et Tancrède se bat contre un mystérieux adversaire, qu’il blesse à mort,
avant de découvrir qu’il s’agit de Clorinde...
Écrit en 1608, Le Bal des ingrates vante les mérites de l’amour dans une oeuvre mettant en scène Dieux et dévotes. Dans une atmosphère à l’ironie comique, les Dieux se moquent de ces ingrates ayant refusé de céder aux charmes de l’amour.


Quand l'opéra se met en scène

«Gintaras fait ce que l’on pourrait appeler du théâtre d’opéra, il insiste d’ailleurs sur ce point en donnant comme sous-titre à l’ensemble formé par les deux oeuvres de Monteverdi “deux petites pièces pour une scène de théâtre’’. » Comme l’explique le critique et conseiller artistique du festival Passages Jean-Pierre Thibaudat, le metteur en scène lituanien Gintaras Varnas croise les genres pour mieux mêler les oeuvres : mettant en scène le Combat de Tancrède et Clorinde et le Bal des ingrates de Claudio Monteverdi, il le fait en réunissant sur scène un orchestre de chambre baroque, des chanteurs et une équipe de comédiens-marionnettistes. Concernant la manipulation, Gintaras Varnas précise avoir eu recours à diverses techniques, « à bâtons, à multiples pièces pour créer la figure de l’armure, des masques, et des masques à taille humaine », l’intérêt des marionnettes étant qu’elles permettent « de tout exprimer, davantage encore qu’avec les humains ».

de Claudio Monteverdi
mise en scène Gintaras Varnas

 

avec les solistes Edita Bagdonaité soprano Clorinde, l’une des Ingrate, Gintaré Skeryté soprano Vénus, Lukasz Dulewicz soprano Amour, Mindaugas Zimkus ténor Narrateur, Mindaugas Jankauskas ténor Tancrède, Nerijus Masevičius basse Pluton
le chœur Brevis Marcin Sochan violon, Malgorzata Feldgebel violon, Robert Bliškevičius alto, Justyna Rekšč-Raubo violoncelle, Darius Stabinskas viole de gambe, Vytautas Dovydauskis clavecin, Stanislaw Gojny théorbe
et les acteurs Joné Dambrauskaité, Elzé Gudavičiūté, Agné Kiškyté, Emilija Laténaité-Bieliauskiené, Sigita Mikalauskaité, Lijana Muštašvili, Elvyra Piškinaité, Eglé Špokaité, Dovydas Stončius, Dainius Tarutis

 

direction musicale Darius Stabinskas, concepteur des éclairages Gintautas Urba, scénographie Julia Skuratova

 

production Banchetto musicale (Lituanie)
tournée réalisée par le festival Passages à Metz, avec l’aide du groupe des 20 théâtres en Ile-de-France et du Théâtre du Nord, avec le soutien de l’ONDA (Office National de Diffusion Artistique)

 

Claudio Monteverdi (1567 - 1643)

Compositeur italien né à Crémone, il apprend, dès son plus jeune âge, l’orgue, la viole, le chant et le contrepoint en même temps qu’il reçoit une formation d’humaniste. Il a à peine vingt ans lorsqu’il publie son premier livre de madrigaux à cinq voix. Son œuvre, exclusivement vocale, se situe à la charnière de la Renaissance et de la musique baroque. Il a produit de nombreuses pièces et a apporté d’importants changements dans le style de son époque. Il est considéré comme l’un des créateurs de l’opéra et l’Orfeo, une de ses œuvres serait le premier chef-d’œuvre du genre. Il est aussi le dernier grand représentant de l’école italienne du madrigal et l’auteur d’une abondante œuvre de musique religieuse. Il meurt à Venise en 1643.

 

Gintaras Varnas (1961)

Né à Vilnius, Gintaras Varnas a étudié la mise en scène à l’Académie théâtrale lituanienne et a obtenu un master en art. En 1988, il fonde le Théâtre Politique de Marionnettes Sepa et a tenu la position de directeur artistique jusqu'à 1992. Depuis 1989, il est directeur indépendant et met en scène ses drames et productions d'opéra dans les théâtres lituaniens et à l'étranger. Depuis 2004, Gintaras Varnas travaille au Théâtre National de Kaunas, où il a tenu la position de directeur artistique. À la fin de 2007, il fonde le théâtre privé Utopia.

Parvis Saint-Jean

mardi 24 à 20h30,

mercredi 25 à 19h

et jeudi 26 à 19h

Rencontres

Apéro lituanien

pour aller plus loin autour du spectacle, avec les artistes.
mercredi 25 mai de 11h30 à 13h - Parvis Saint-Jean

 

Articles et dossiers

Vu d'ailleurs

La Lituanie vient nous dépeindre en clair-obscur dans un décor évocateur du théâtre antique l’esthétique baroque italienne, dont Monteverdi fut le grand compositeur novateur dans l’art de représenter les affects.
Le choix de marionnettes plus hautes que l’homme, aux visages caricaturaux mais si expressifs,  renforce la théâtralité et nous entraîne vers la commedia dell’arte, les tarentelles napolitaines, voire les processions siciliennes. Pour le Combat de Tancrède et Clorinde, quatre personnes manipulent  chaque armure, créant ainsi un effet visuel d’une grande force poétique, puisqu’au moment du choc dans l’affrontement des deux combattants, les membres se disloquent, s’entrelacent, se confondent, pour donner naissance dans une grande confusion à un seul corps informe, comme une sorte de puzzle en désordre. Cette intense agitation visuelle et musicale nous transporte, à l’instar de tous les mythes et légendes, dans l’épaisseur de notre âme, entre guerre et amour, bien et mal, ombre et lumière... Dans le Bal des ingrates - qui tient de la fable moralisatrice -, l’idée du sort implacable est renforcée par la présence devinée des instrumentistes derrière les marionnettes. Ces ombres, telles des doubles, paraissent détenir ces liens invisibles qui donnent momentanément vie aux âmes des ingrates. Les masques presque grotesques de ces mégères inapprivoisées expriment leur  caractère acariâtre, comme leur triste résignation. Alors, leurs mimiques affligées nous emplissent
de compassion pour ces belles dames qui ne voulurent point aimer ni être aimées. Dans un décor identique aux deux pièces, les personnages Testo puis Pluton demeurent ce même démiurge placé
au dessus d’une même citadelle, qui occupe toute la scène. Cette figure divine à la belle voix grave et profonde est bien le maître de nos destins, ce «fil» conducteur, qui tire les ficelles des  spectateurs-marionnettes que nous sommes. Elle nous exhorte à accepter sans restriction l’amour, dans la franche loyauté et la pleine lumière !

Sylvie Bouissou, gérante de la Boutique Harmonia Mundi à Dijon