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Tartarin raconté aux Pieds Nickelés

Affiche spectacle : Tartarin raconté aux Pieds Nickelés
d’après Alphonse Daudet
mise en scène et scénographie Marie Vayssière


Salle Jacques Fornier - du samedi 28 au dimanche 29 mai
sam 28 à 17h30 et dim 29 à 21h
durée 1h25

 

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« Marie Vayssière fait réapparaître dans son théâtre de foire transformé en salle de classe les figures comiques populaires, Tartarin et les Pieds Nickelés, que des générations de gamins ont lu à l'école ou à la récréation. Pendant que l'un tente héroïquement d'aller au bout de la fable de Daudet, le trio d'anarchistes, professionnels de la glandouille, trois clowns sans âge maquillés comme des camions volés lui font les poches, bâfrent sans limite, s'emploient à torpiller la fiction du chasseur de lion écrite à l'époque de la colonisation algérienne et de l'escroquerie généralisée. On voit passer les chameaux, les cartes du bled : "C'est où Orléansville ?". On entend la chaîne des ignominies qui, du haut vers le bas, de l'humain à l'animal, transmet la maltraitance et "la peur de soi et de l'autre qui fait l'histoire et la géographie." C'est là un théâtre dont le burlesque naît de l'effroi, un théâtre qui vient de l'enfance, sacrilège.»

Bénédicte Namont, Théâtre Garonne à Toulouse

 

Les Pieds Nickelés / Tartarin de Tarascon

L’association est étrange et pour le moins inattendue. Toutefois, on peut se risquer à quelques rapprochements. Tout d’abord dans l’esprit. Des deux bords, l’humour féroce, la moquerie sont absolus. Les histoires, celle de Tartarin comme celles des Pieds Nickelés, tout à fait immorales, n’épargnent personne, pas même les malades et les pauvres. Le non-conformisme est la règle d’or chez les Pieds Nickelés. Chacun de leurs agissements est une apologie de l’arnaque et de la bonne vie aux frais des dupes, et par excellence, la figure du dupe, c’est Tartarin. Tartarin et les Pieds  Nickelés sont le fruit d’une époque où anarchistes et escrocs affichaient avec un parfait cynisme le mode de vie qu’ils avaient choisi. Leurs aventures sont autant de forces réactives et vives, un concentré d’énergies en action où toutes les grandes questions, même sous la forme de la bouffonnerie et de la provocation, entrent en jeu. Mais ne nous y trompons pas. L’Algérie (et la France) reste le thème essentiel de l’oeuvre de Daudet... Car c’est bien la vision d’une Algérie coloniale, sa cruelle réalité, occultée par le mythe d’un Orient de pacotille à laquelle l’auteur nous confronte. Impensable de cacher la posture ambiguë de Daudet qui mêle un élan vrai d’humanité devant un spectacle misérable et le regret sousjacent des fastes d’un empire colonial en déclin. Quant aux Pieds Nickelés, même drôle, même caricatural, leur appétit carnassier à vouloir posséder encore et toujours plus de biftons, singe à s’y méprendre ceux qui aujourd’hui sont toujours prompts à digérer pour eux seuls et sans scrupules le meilleur des biens et des services de la planète...

Marie Vayssière

d’après Alphonse Daudet
mise en scène et scénographie Marie Vayssière

 

avec Dominique Collignon-Maurin, Patrick Condé, Pit Goedert, Miloud Khétib

adaptation Marie Vayssière et Philippe Gorge, collaborateur artistique du metteur en scène Philippe Gorge, lumière Laurent Coulais et Marc Vilarem, montage de la production Julie Nancy-Ayache, délégation de production Elyane Buisson

coproduction Compagnie du Singulier, Théâtre des Bernardines
avec le soutien de la Direction des Affaires culturelles de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, de la Direction des Affaires culturelles de la ville de Marseille, du Conseil général des Bouches-du-Rhône et du Centre départemental de créations en résidence CG13 et du ministère de la Culture et de la Communication – DRAC-PACA
ce spectacle bénéficie de l'aide de l'ADAMI et de l'ONDA

 

Alphonse Daudet (1840 - 1897)

Alphonse Daudet naît à Nîmes le 13 mai 1840. Il doit renoncer à passer son baccalauréat à cause de la ruine de son père. Il devient maître d'étude au collège d’Alès. Cette expérience pénible lui inspirera son premier roman, le Petit Chose (1868). Daudet rejoint ensuite son frère à Paris et y mène une vie de bohème. Il publie en 1859 un recueil de vers, Les Amoureuses. L'année suivante, il collabore à plusieurs journaux, notamment Paris-Journal, L'Universel et Le Figaro. En 1861, il devient secrétaire du duc de Morny, demi-frère de Napoléon III et président du Corps législatif. Ce dernier lui laisse beaucoup de temps libre qu'il occupe à écrire des contes, des chroniques. Il connut son premier succès avec la Dernière Idole, pièce montée à l'Odéon.
Certains des récits des Lettres de mon moulin sont restés parmi les histoires les plus populaires de notre littérature, comme la Chèvre de monsieur Seguin, les Trois Messes basses ou l’Elixir du révérend Père Gaucher. Pendant ces travaux de romancier et de dramaturge (il écrivit dix-sept pièces), il n'oublia pas pour autant son travail de conteur : il écrit, en 1872, Tartarin de Tarascon, qui fut son personnage mythique.

 

Louis Forton (1879 - 1934)

Créateur des Pieds Nickelés, il fut l’un des premiers maîtres de la bande dessinée. Produits d’une époque où les anarchistes, de Marius Jacob à la bande à Bonnot, défrayaient la chronique, les Pieds Nickelés, Croquignol, Ribouldingue et Filochard apparaissent en 1908 dans l’Épatant, sous la forme de planches crayonnées. Non seulement Forton imaginait l’histoire, mais il écrivait les textes, pleins de calembours et d’expressions argotiques qui commentaient les dessins. Louis Forton était le type même du bon vivant et du flambeur. Il n’existe, semble-t-il qu’une seule photo de lui, souvent reproduite, le montrant en tenue de vacances : canotier, col ouvert et sandales…
On le disait paresseux… Louis Forton était plus connu sur les champs de course que dans les salles de rédaction où il ne faisait que passer. Il fut d’abord garçon d’écurie puis, dit-on, jockey, ce que paraît démentir sa belle corpulence, avant de devenir parieur effréné. Il fréquentait aussi bien les restaurants à la mode que le bistrot du coin, amateurs de grands crus qui finiront par délabrer son foie.
Qu’importe, la vie est courte, autant en profiter. Cette philosophie sera celle des Pieds Nickelés.

 

Marie Vayssière

Comédienne et metteur en scène, Marie Vayssière s'est dans un premier  temps liée au Théâtre de l’Acte à Toulouse de 1976 à 1977, puis de 1978 à 1983 à Zéro de Conduite à Montpellier. En 1984, elle joue dans une mise en scène de Roger Blin le spectacle Rue Noire présenté par La Compagnie Roger Blin. Elle travaille entre 1985 et 1987 à Marseille avec Cartoon Sardines Théâtre, La Compagnie du Biscuit qui Craque, et plus fidèlement pour plusieurs spectacles et lectures avec Alain Fourneau et le Théâtre des Bernardines.
Pendant cette période, elle crée La Compagnie du Singulier. Elle joue en 1988 avec Jacques Nichet pour le spectacle La Savetière prodigieuse de Federico Garcia Lorca. Elle rencontre Tadeusz Kantor en 1988 lors d’un stage et participe, sous sa direction, à la création du Cricotage Une très courte leçon. Jusqu’en 1992, elle participera à tous les spectacles de Tadeusz Kantor et de la compagnie Théâtre Cricot 2 : Je ne reviendrai jamais (1989) et Aujourd’hui c’est mon anniversaire (1990). Elle est assistante de Tadeusz Kantor pour les Classes d’Avignon en juillet 1990. Elle obtient le Prix Villa Médicis Hors les Murs en 1991 pour son projet le Pleure Misère de Flann O'Brien dont elle écrit l’adaptation théâtrale, qu’elle met en scène en 1992 et tourne jusqu’à l’automne 1993. Elle dirige régulièrement des ateliers d’acteurs à l’École du Théâtre National de Bretagne, à la Faculté d’Aix-en-Provence, à l’Institut International de la Marionnette à Charleville-Mézières, à la faculté de Rennes, à l’École du Théâtre National de Strasbourg, à l’ENSATT à Lyon et pour l’association La Réplique à Marseille dans le cadre de la formation professionnelle.

Salle Jacques Fornier

samedi 28 à 17h30

et dimanche 29 à 21h