Compagnons des poètes
Jean-Louis Hourdin retrouve Gérard Guillaumat, complice de longue date et comédien ayant joué avec des metteurs en scène prestigieux comme Roger Planchon. Traversés par le même désir de transmission, les deux hommes construisent depuis plusieurs années un compagnonnage minutieux. Ils se retrouvent ainsi autour de formes intimes, dans lesquelles Guillaumat seul en scène porte la voix de poètes. À l’occasion du festival, c’est le premier roman d’Emmanuel Bove (1898-1945) Mes Amis qu’ils choisissent. Dans ce récit à la première personne paru en 1924, les échecs intimes et difficultés d’un homme en proie à la solitude et à la misère sociale sont relatés dans une écriture précise et économe.
Jean-Louis Hourdin raconte : « la première fois que nous l’avons lu, Gérard Guillaumat et moi avons ri. Tout est tellement sombre, nous nous disions “ce n’est pas vrai, ce n’est pas possible !’’. C’est très intéressant cette noirceur, car à travers elle Bove aborde des choses au coeur de la misère humaine, dans des phrases concises, atoniques, rassemblées. Tout passe dans les espaces, les silences. Le texte creuse les gouffres de la solitude, à tel point qu’on désire pouvoir consoler chacun des personnages. Pouvoir leur dire que ce n’est pas si grave, alors que si, nous sommes inconsolables. Le théâtre pourrait apparaître alors comme la tentative de nous consoler, nous tous qui sommes inconsolables... »

