Cruellement drôle, classique du théâtre russe, le Révizor offre un fragment de comédie humaine en mettant à nu les mécanismes
qui gouvernent une micro-société.
La pièce de Nikolaï Gogol est interprété par une troupe venue de Finlande
dans une version musicale toute de mouvements.
Une histoire de quiproquos
Le maire d’une petite ville russe et toute son administration sont en émoi : on annonce la venue prochaine du Révizor. Envoyé par le gouvernement, cet inspecteur général risque fort de découvrir les détournements de fonds, corruptions et malversations commises par les fonctionnaires en poste. Décidant de l'amadouer au mieux, l'équipe de notables
accueille avec les honneurs Khlestakov.
Mais contrairement à ce que tout le monde suppose, Khlestakov n'est pas le Révizor !
Le quiproquo sera total, d'autant que Khlestakov décide, lui, de profiter au mieux de la méprise... Bassesses et petites horreurs s'enchaînent, les fonctionnaires oubliant toute morale dans le seul but de satisfaire le Révizor...
Comédie ambigüe
Écrit par Gogol en 1835 sur une idée de Pouchkine,
le Révizor est créé au théâtre une année
plus tard. Mais contre toute attente, la pièce met quelques années à s'imposer, et il faut attendre 1839 pour qu'elle remporte le succès mérité. Si l'ambiguïté du Révizor, farce plaisante ou calomnie, n'a plus court aujourd'hui, le propos du texte n'a rien perdu de son acuité. Entre grotesque et fine satire, le Révizor est une comédie aux multiples facettes sur le pouvoir, la peur et la mesquinerie provinciale. Sous la direction de Yrjö Juhani Renvall, les étudiants de l’Institut d’Art Dramatique de l'Université de Tempere en donnent une version originale car opératique. À la façon d’un opéra, ce Révizor est constitué d’un récitatif et d’un parlé/chanté faisant appel à des voix légères accompagnées au piano. Dans un décor réduit à l'essentiel, n'utilisant pour tout accessoires
que des fauteuils à roulettes et des ballons, les douze comédiens
interprètent avec dynamisme cette comédie humaine.

