Édito

Cette saison, les artistes que nous accueillons passent souvent par le conte ou la fable pour aborder des sujets brûlants : en nous emmenant dans des contrées lointaines, dans d'autres temps, en mêlant éléments fantastiques et réalistes, iels nous permettent de porter un autre regard, distancié, sur qui nous sommes et sur notre manière de faire société. 

La fiction contourne, compense la réalité, et finalement nous pousse à la regarder en face. Il sera question de vivre ensemble malgré les clivages, de trouver sa place, avec cette multitude de personnes et de points de vue qui nous composent ; de la jeunesse et de ses rêves, de ceux qui pensent encore pouvoir sauver le monde, de la possibilité de se projeter dans l'avenir en ces temps troublés, de la santé, de notre rapport à la mort et au soin, au patriarcat et au travail. 

Cette saison à venir lance aussi mon deuxième mandat en tant que directrice du Théâtre Dijon Bourgogne, et avec lui, un projet artistique qui se redessine au fil des rencontres artistiques, des envies, et des enjeux de notre société actuelle. Nous continuerons à défendre les écritures contemporaines, et à faire entendre les récits manquants, tout en accompagnant des formes scéniques plurielles et innovantes, accompagné·es d’une nouvelle communauté artistique.

Conjointement au cœur du projet qu’est la création, au moment où des enjeux politiques cruciaux se dessinent sur les prochaines années, il nous a semblé essentiel de commencer un cycle de réflexion sur la question des services publics, de plus en plus mis à mal.

Au cours des trois prochaines saisons, nous organiserons des débats, des tables rondes, des Impromptus des services publics et des résidences d'auteur·rices. Nous pourrons, ainsi, réfléchir ensemble, vous public, nous artistes et équipe du TDB, et avec les acteur·rices des services publics, sur les enjeux actuels de santé, d’éducation et de justice sur le territoire que nous habitons. Cela sera aussi l’occasion de nous questionner sur notre héritage et nos perspectives comme service public de la culture. Puisque nous célèbrerons la saison prochaine les 80 ans de la décentralisation théâtrale, dont les centres dramatiques nationaux, comme le TDB, sont le fruit.

Pour les trois ans à venir, nous nous engageons avec une nouvelle communauté artistique tout en gardant une fidélité d’association avec la compagnie Plexus Polaire et Yngvild Aspeli, artiste marionnettiste norvégienne implantée en Région Bourgogne‑Franche-Comté. Les membres du Munstrum Théâtre, Louis Arene et Lionel Lingelser, qui incarnent une écriture singulière, plastique, deviennent artistes associés, ainsi que Claire Bosse-Platière, jeune metteuse en scène et autrice issue de l'ESAD, que nous accompagnons dans sa professionnalisation. 

Deux nouvelles autrices associées se rallient au projet du théâtre : Claire Barrabès et Karima El Kharraze. Et une nouvelle communauté d'artistes complices nous rejoint : Liora Jaccottet et Issam Rachyq-Ahrad ainsi que trois artistes régionaux : Anne Monfort (compagnie day-for-night / Besançon), Émilie Faucheux (compagnie Ume Théâtre / Dijon) et Olivier Veillon (compagnie Miam Miam / Dijon).

Le TDB, qui est avant tout une maison de création, continue à soutenir les artistes en les coproduisant et en les accueillant en diffusion et en résidence, en initiant aussi des collaborations avec les structures alentours : le Nouveau Théâtre Besançon - CDN, La Minoterie, l'Opéra de Dijon, le Théâtre Mansart, Cirq'ônflex. Les auteur·rices associé·es seront présent·es sur le territoire, avec les temps forts habituels : La Semaine des écritures contemporaines et le Festival Théâtre en mai, et les tournées décentralisées se poursuivront avec cette saison le Passe-Murailles #5 confié à Issam Rachyq-Ahrad avec Entre nous, une adaptation de Ma République et moi en une forme légère qui tournera dans la région Bourgogne-Franche-Comté. 

Je me réjouis, ainsi que toute l’équipe du TDB, de partager avec vous cette nouvelle saison et l’aventure des trois ans à venir. 


Maëlle Poésy
Directrice du TDB